lundi 6 octobre 2008

Tombé dans la marmite à la naissance

Tombé dans la marmite à la naissance, locuteur naturel pendant plus de 30 ans, je me retrouve, après une éclipse d'un demi siècle, replongé dans le brouhaha d'une affolante Occitanie moderne où la langue n'est plus un moyen de communication et où personne ne sait ni ne peut dire quel rôle elle peut jouer.


Les Occitans se réunissent pour manifester au nom d'UNE langue (1) alors que chaque région s'est organisée pour enseigner son dialecte. La langue, bien qu'émiettée par les particularismes s'est quand même conservée vivace durant presque dix siècles et ceci grâce à une oralité vigoureuse et communicative. (2)


Et maintenant, que peut-on et que veut-on en faire ?


Désolé, je ne vois pas un large éventail de possibilités :


  1. Une langue de culture (morte), dont des spécialistes nous feront revisiter les richesses d'un splendide passé.

  • Solution immédiatement applicable, tout a déjà été fait : inventaires, lexiques, dictionnaires, grammaires, méthodes, thèses de comparaison et de correspondance, spécialistes déjà formés et filières de formation et de reproduction, marché de diffusion ... et le journal la SETMANA, une mine et un remarquable outil pour érudits et chercheurs.

  • Tout est tourné vers le passé ... Rien vers le futur. Les derniers locuteurs naturels sont une espèce en voie de disparition très prochaine.


Il est peut-être déjà trop tard !


  1. Une langue vivante de communication pour tous.


  • Il faudra beaucoup de nouveaux locuteurs pour lesquels nous devons travailler de toute urgence à leur faciliter l'acquisition de valeurs communes qui puissent leur redonner le sentiment et la fierté de faire partie de tout un peuple.


  • Cela doit repasser par une oralité vigoureuse et communicative, celle-là même qui a conservé la langue durant des siècles.


  • Et si cette oralité a permis les particularismes qui semblent nous diviser maintenant, elle devrait permettre de retrouver dans la richesse des lexiques qu'on voudrait nous faire avaler empilés les uns sur les autres, les mots simples et cordiaux qui peuvent nous réunir pour nous comprendre tous directement. (3)


  • Le retour par la parole à un lexique commun de base doit certainement rapprocher la graphie de l'oralité, car il y a beaucoup à faire, là aussi, et suggérer rapidement les vocables des différents dialectes qui pourront être étudiés par la suite. Il sera sans aucune doute plus facile d'aller de ce « fonds commun » utilisable vers les variantes que de faire l'inverse et, de toute façon, ce n'est pas aux gamins des calandrettes de faire le travail qui nous incombe.


Les calandrettes fonctionnent depuis 25 ou 30 ans. Ce fonds commun essayé au départ, plusieurs générations pourraient déjà nous en parler.


  1. Voir Fonds Commun Occitan 3-1

  2. Voir « mes parents m'ont transmis » 2-3

  3. Voir « L'oralitat » 4-4

René Castel – 06-09-2008

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