dimanche 29 juin 2008

L'OCCITAN : la langue du Sud de la France

L'OCCITAN : la langue du Sud de la France. UNE langue ? Mais non ! Une série de dialectes juxtaposés et occupant le Sud de la France et quelques territoires voisins, avec des particularismes bien affichés au point d'avoir beaucoup de mal à se comprendre d'un terroir à l'autre.

Et les CALENDRETTES, les écoles pour les tout-petits, les futurs néo-locuteurs qui ne veulent rien savoir de l'OCCITANIE au sens large, ni faire savoir dès le départ que les premiers rudiments de la langue les font déjà appartenir à tout un peuple de quelque 20 millions d'occitans.

"Mais, il doit bien y avoir un FONDS COMMUN !" entend-on dès qu'on aborde ce sujet. Quelqu'un, et peut-être beaucoup, ont déjà formulé cette question. Y a t-il eu une réponse ? Laquelle ? Quand ?

L'Occitan, qui a succédé au latin comme langue de communication plus commode et plus efficace pourrait-il encore jouer ce rôle au 21ème siècle ?

Le succès de la "SETMANA" qui présente les divers dialectes de l'occitan juxtaposés dans la même édition nous donne à penser que la solution de l'intercommunication entre régions est acquise, surtout après les recherches de haut niveau effectuées pour avoir la clef du passage d'un dialecte à l'autre.

Nous avons maintenant une graphie commune (la graphie des troubadours). Mais nous sommes maintenant au 21ème siècle avec téléphone, fax, internet, textos, SMS, …

Les "grands" (avec bac "+2" à "+70") sont contents et n'éprouvent aucune difficulté pour passer d'un dialecte à un autre, mais les tout jeunes néo-locuteurs (le futur de la langue) sont déjà nés au 21ème siècle, et déjà passés par les Calendrettes …

Les réunions générales où il faut s'exprimer assez vite se tiennent toujours en français, notre seule langue commune (en France), alors que les manifestations occitanes se revendiquent d'UNE langue.

Peyre BEC, dans son "HISTOIRE DE LANGUE OCCITANE" parle d'une KOINÉ dont se seraient servi les Troubadours, les variantes régionales venant des copistes adaptant la diffusion chacun à son terroir, ce qui l'a conduit à rédiger toute une suite de méthodes d'apprentissage destinées à chaque région. Il n'a pas été le seul d'ailleurs, car depuis avant MISTRAL, la littérature Occitane s'est fantastiquement et magnifiquement enrichie. On ne peut que rester admiratif devant cette immense ressource pour les littéraires et les chercheurs qu'elle a suscités, et pour les amateurs dont elle fait le bonheur.

Mais dans tout cela, il s'agit bien de revisiter un passé, immensément riche, un passé qui intéressera peut-être un jour les gamins des Calendrettes, s'ils continuent d'élargir et de pratiquer ce à quoi ils auront été initiés.

Et si l'on veut vraiment utiliser la langue pour son usage naturel (la communication entre personnes) ne vont-ils pas être gênés et même entravés par ce phénoménal foisonnement, cette multiplicité de termes, de mots, d'expression quelquefois identiques d'une région à l'autre, mais bien souvent différents soit dans la forme, soit dans le fond, soit dans la signification, ou dans l'usage …

Ce qui, dans tout tentative de conversation oblige à réfléchir très vite à ce que l'on a cru entendre, puis à ce qu'il faudra répondre.

Dans ce monde en si rapide évolution cela sera très vite impraticable.

Alors ?

Il faudra bien acquérir des vocables et des réflexes qui permettent de véritables conversations, en attendant d la communication écrite.Et surtout le sentiment de faire partie d'UN grand peuple, tout en bavardant avec le voisin, dans la langue du village.

Il ne s'agit surtout pas de l'abandonner, celle-là, qui fait partie du patrimoine du village, de la famille, de la région …Mais de connaître ce fonds commun qui doit être le patrimoine de toute l'Occitanie et qui devrait nous faire bien ressentir que nous faisons partie de tout un peuple .

Les quelques questions que j'ai pu poser de personne à personne ne m'ont jusqu'à maintenant pas apporté de réponse satisfaisante, mis à part "il doit y avoir un fonds commun" qui revient chaque fois et que je reformule moi-même.

Aussi je profite de nos moyens modernes pour faire subir mes questions à un public beaucoup plus large.

1. Cette question est -elle saugrenue, stupide, inutile ?
2. Quelqu'un se l'est-il déjà posée, ou l'a t-il déjà posée; Qui ? Quand ? Comment ? Avec quel résultat ?
3. Faut-il la reposer ? Comment faudrait-il le faire ?
4. Vos avis seront très appréciés. Merci d'avance, bien cordialement.
5. Ils serviront à reformuler les questions suivantes qui ne vont pas manquer de se faire jour, logiquement.

Un vièl raunhòl,
René CASTEL

LOS VAISSAGOLS

VAISSAC és lo pais dels vaissagols.

REPAIS VAISSAGOL

Lo, 27/10/2007
A 82800 VAISSAC

Langues sans frontières

Extraits de G.KERSAUDY : "LANGUES SANS FRONTIÈRES "

L'OCCITAN : plusieurs langues

Nous sommes en face de plusieurs langues réparties sur une multiplicité de dialectes, chacune annoncée avec de solides particularismes (de lexique ou de grammaire).

D'où un capital d'une richesse inégalable pour les érudits et savants qui se penchent dessus, mais, en contrepartie, l'aspect d'une décourageante Tour de Babel pour les jeunes qui désirent l'aborder.

A l'époque du renouveau (19 ème siècle) on ne voyageait pas encore beaucoup, et chaque terroir pouvait vivre avec "sa" langue, même après 14-18.

Mais 39-44 est venu bouleverser les contacts, et la période suivante apporter une explosion de moyens de déplacements et de communication.

D'où l'état des lieux que nous avons vu se concrétiser au cours de cette semaine : richesse pour les érudits, problèmes pour les "jeunes" bien souvent présentés sans aucune logique) [ Saussure ne parle t-il pas déjà de l'arbitraire de la langue ? ]

Je pense alors au petit élève de la Calendrette qui a des grands parents, des cousins ou des copains à l'autre bout de l'Occitanie, et avec lesquels des mots qu'il aura appris ne lui seront d'aucune utilité, parce qu'ils ne seront pas immédiatement compris.

Il n'aura plus grande envie d'utiliser son Occitan tout neuf, à moins d'avoir déjà une vocation et une volonté bien accrochées. En tout cas il risque de n'en être jamais très fier.

Les mots utilisés par des enfants ne doivent pas remplir un gros dictionnaire, et ils les acquièrent bien verbalement avant de savoir lire, puis écrire (oralité première).

1 - Ne serait-il pas possible d'avoir un petit lexique de base qui leur faciliterait leurs premiers contacts sociaux ?

Par la suite, très rapidement, cette base pourrait s'élargir en y adjoignant quelques particularités, soit de compréhension directe (graphie similaire + oralité très voisine) soit très rapidement assimilables, en s'appuyant toujours sur l'oralité, ce qu'on apprendrait par la graphie n'étant que la concrétisation de l'oralité.

Puis, après quelques exercices de prononciation qui peuvent retrouver le même sens à des termes que la graphie fait apparaître moins différents.

On doit pouvoir imaginer les développements possibles à une telle démarche.

Nous ne pensons pas inventer quoi que ce soit. Nous voudrions seulement aborder le problème de notre émiettement par tout ce qui peut nous REUNIR (on doit bien trouver cela dans le patrimoine si riche de la langue) pour arriver ensuite progressivement aux particularismes et aux subtilités des divers terroirs, ce qui donnera à ses élèves ainsi entrainés une vue plus panoramique de la langue en leur permettant de comprendre son unicité sur toute l'Occitanie, et de jouer de ces particularismes suivant les interlocuteurs avec lesquels ils se trouveront.

Après cela, l'ouverture vers des études d'un autre niveau, et vers d'autres langues, ne doit pas faire de doute.

D'autres y ont déjà peut-être pensé, de tels lexiques de départ, puis de développement progressif existent peut-être déjà.?

2 - Est-ce le cas ?

3 - Si oui, sont-ils accessibles ?

4 - Pouvez-vous nous faciliter des contacts avec de gens s'orientant vers cette démarche ?

L'ORALITAT

De que servís une lenga ?

A comunica, nú ? , entre personas que se comprenon, çó que vòl dire que la qu'entend las paraulas de la que parla comprend immediatament çó que pensaba la que parlaba.

Acó me sembla qu'és la prumièra forma de la lenga : metre sas idéias en una forma que se posque comunicà a una autra persona, directament e naturèlament (oralament) ...

Pensi qu'es acó que s'apèla l'ORALITAT.

Disi pas tot acó per començà una novèla teoria linguistica. Trovarém un tropèl de specialistas que s'en faràn un plasé.

Mès pensi que serià pla ora de considera en qu'un estat trobam auèi la lenga de nostra Occitania, que se dis que va del Atlantica al nort d'Italia e dempèi lo nivel de Borges juscas a Catalunha, Baleares e pla mai.

Justament, dempèi que s'en ocupon tant, nos dison que i a mai et mai de monde per parlà Occitan.
Mès, per lo comprendre ? D'un cap a l'autre de l'Occitania ?

Anguères a Carcassona, i a pas pla temps. Fosquèt un jorn de fèsta e de gloria. Se trobà tantis dins una amasada d'aquela importança, per dire tan fort que voles totis l mèma causa, es quicon de veritablament extraordinari, e d'un enorme encorajament per totis !

Aquela demostraciu d'un tal enavans de tot un poble marcarà, pla segur !

Es vertat que i a une cantitat de móts que se podon comprendre, immediatament : los que son identics ó pla vesis.

Mès, a part acó, n'i a tantis que, a part d'esse un specialista ú d'avé fatsis pron d'estudis per los avé totis immediatament en memoria, nos demandaràn un minimum de reflexiu per comprendre çó que se dis, tot en perdent lo fièl de la conversaciu. Se nos cal pas un diccionari que nos torne fà passà per Francés, que, finalament, és nostra sola lenga cocmuna per comunicà.

Avèm, ara, sabi pas quantas de metodas per aprendre l'Occitan, e cada une, comensent per anonça las particularitats de la lenga que vol ensenha que, pla segur, vesi pas cal podriá fà tres passes dins aquel forbic sans se trabà.

I a pas beson de cercà pla lessa : i a pas qu'a sautà Garona per se fisà que, d'un costat a l'autre del riu, se trabucá dejà pla, mèmes en damorent dins un sol departament (pensi al 82, lo méu).

Ba sabi, qu'vèm, noss autres Occitans, de diferenças de prononciaciu, mès se ba complicam enquèra mai, e sustot se fasème de biais qu'aquelas diferenças aparesquon enquèra mai marcadas, mai accentuadas, damoraràn mai e mai definitivas, e nos tirarém pas jamai d'quela situaciu.

Ma fà pla pena d'escriure tot acó (l'escritura, ne caldrà bé parlà, un autre cóp), mès se contumiam de nos presentà coma las tribus de nostres paires de l'Antiquitat (nos ancêtres , les gaulois ...), en grupas pla individualistas ... totis aquels que se trufon dejà de nos autres ... e de nostre patoès ...

Avès dejà fats un trabàl enorme ... Cal pas que se pèrde.

René CASTEL 03.12.2005

Mes parents m'ont transmis ...

Il y a presque 80 ans, mes parents m'ont transmis ORALEMENT, un patrimoine après lequel le monde entier est en train de courir :

  • ORALEMENT, sans écriture, sasns livres, sans diplômes,
  • une langue que leur lignée avait conservée en bon état, durant plus de 8 siècles, à tel point que CAYROU et PERBOSC ont pu encore en faire bon usage.
  • Une langue vivante, dont je me suis servi, tout naturellement, pendant plus de 35 ans, et dont je me sers encore, tout naturellement, avec des compagnons de mon âge et de mon terroir, qui la parlent encore, telle quelle, tout naturellement.
C'était la langue du QUERCY, Pays d'OC en plein mitan de l'OCCITANIE, au milieu du 20 ème siècle.

J'ai eu beaucoup de chance de tomber dans la marmite en naissant, car mon bilinguisme d'origine (j'ai commencé à apprendre le Français entre 4 et 5 ans) m'a été extrêmement utile pour connaître d'autres langues pour mon activité - quand même tournée vers la technique et l'industrie . Je n'ai jamais eu besoin d'interprète.

Nous avons eu à Bordeaux une semaine de colloques avec l'OCCITAN pour objet. Certains passant leur temps à "plumer les mouches" qui s'accumulent sur une langue presque morte, mais d'autres se montrent très vivants et réveillent des espoirs. La TABLE RONDE "L'ORALITE" m'a réveillé, excité, même.

Nous ne sommes plus que quelques uns, une espèce en voie de disparition très prochaine. Il existe encore des sons, des mots, des termes, des expressions qui composaient la langue d'avant 1950, que l'on ne pourra pas réinventer, car l'oreille, les sons, l'accent s'acquièrent dès les premières années de l'existence.

Beaucoup de tout cela a déjà été noté, soigneusement enregistré, mais j'ai vu qu'il était possible d'obtenir sur Internet l'écriture et le son en même temps, et même de présenter ces enregistrements en parallèle.

Ceci ne faciliterait-il pas la recherche de tout ce qui nous réunit au lieu de commencer par mettre l'accent sur les particularités propres à chaque terroir et qui nous divisent ?

Je reste convaincu qu'il y a encore quelque chose à faire, mais si nous continuons de manifester en 7 ou 8 groupes de langues concurrentes, on ne nous prendra toujours pas très au sérieux.

René CASTEL 25.11.2005